Auteur : Jonathan Littell

Pages : 1390+

ISBN : 978-2-07-035089-6

«En fait, j’aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n’est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret ; grâce à Dieu, je n’ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d’écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n’ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien : j’ai fait mon travail, voilà tout ; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi ; et pour le reste, vers la fin, j’ai sans doute forcé la limite, mais là je n’étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l’air, le manger, le boire et l’excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif.»

Avec cette somme qui s’inscrit aussi bien sous l’égide d’Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l’avait fait : l’épopée d’un être emporté dans la traversée de lui-même et de l’Histoire.

Note

Je ne sais réellement pas quoi penser de ce roman. Il y a longtemps que j’en entends parler, surtout de la bouche même de mon auteur favori Patrick Senécal qui ne cesse de vanter à qui veut l’entendre que ce roman est le meilleur pour telle et telle raison. Il l’offre même en cadeau à ses amis! Ne voilà t’y pas une raison pour moi de foncer à la librairie me l’acheter?

J’ai débuté ce roman avec plein d’espoirs et c’est peut-être ce qui fait que je n’ai pas réussi à le terminer. Je n’étais pas dans le « mood » pour le lire? Peut-être… je ne sais pas. L’histoire n’est pourtant pas banale et j’ai pris plaisir à lire le récit durant les premières centaines de pages.

Mais une fois rendu en milieu de roman, j’ai senti mon souffle et mon intérêt s’affaiblir considérablement. Disons-le, le style littéraire est franchement plutôt faible et pas très recherché. Pourtant cela ne m’a pas empêché d’apprécier le premier tiers de ma lecture. Les recherches de l’auteur sont extrêmement bien menées pour rendre le tout aussi réaliste que possible et c’est clairement un atout pour le roman. Mais par la suite, une certaine lourdeur a semblé s’emparer du récit et c’est là que j’ai fini par refermer définitivement ce livre.

Qui plus est, un pavé aussi volumineux que celui-ci se doit – à mon avis – de possédé une certaine forme littéraire intéressante. Voilà peut-être le défaut majeur de ce roman puisque sans les faits historiques incroyables qui s’en dégagent, le récit serait immanquablement plat et inintéressant. Jonathan Littell a bâti une histoire cohérente sur des bases très solide de l’histoire, mais c’est un récit somme toute faible à mon goût.

Peut-être n’étais-je tout simplement pas dans le « mood » pour ce roman. Peut-être qu’un jour j’aurai le goût de le relire pour le terminer, mais pas maintenant… et pas dans les proches années à venir!

20/09/2015

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