Auteur : Simon Rousseau

Pages : 183

ISBN : 978-2-89786-899-4

Fuyez. Elle arrive, elle est tout près. Elle n’épargnera personne. Les arbres tombent, la terre gèle, l’air est infect. Courez si vous ne voulez pas finir six pieds sous la neige. Une adaptation déroutante du fameux conte d’Andersen.

Le meurtre immonde d’un prêtre dans un pensionnat autochtone, au début des années 1970.

L’inconcevable suicide du grand-père d’une journaliste prête à tout pour faire éclater la vérité.

Un chamane amérindien banni de sa communauté, reclus au coeur d’une forêt mystique.

Une entité ancienne née du froid et de la famine, prête à rétablir son pouvoir sur son royaume de glace.

Une effroyable légende, oubliée de tous…

Note

Ce deuxième conte interdit de Simon Rousseau est le troisième roman que je lis de cet auteur. Je l’ai connu avec Peter Pan que j’avais beaucoup aimé. J’y ai alors découvert un auteur très particulier dont je savais que j’aimerais ses autres écrits. Et c’est sans surprise que La Reine des Neiges m’a tout autant captivé !

Vous avez visionné le film de Disney de La Reine des Neige ? Vous avez aimé les chansons quétaine et tous les petits trucs rigolos qui font rire les enfants ? Et bien vous pouvez l’oublier tout de suite ce film… parce que Simon Rousseau n’écrit clairement pas pour les enfants, lui ! Une personne qui n’est pas habitué à lire de l’horreur va rapidement s’ennuyer de l’agaçante chanson du film familial… Parce que ce roman ne vous donnera pas un effet de petits papillons dans le ventre. Non. Il vous fera frissonner de la tête aux pieds, vous donnant plutôt l’impression d’avoir des milliers de scarabées sous la peau qui grattent et qui mordent…

Comme c’est le cas de tous les Contes Interdits, celui-ci contient beaucoup d’horreur et un grand extra d’hémoglobine au tournant de plusieurs chapitres. Ces derniers sont d’ailleurs très courts et l’écriture d’une fluidité sans pareil, ce qui permet à quiconque de s’y aventurer avec une facilité déconcertante. La lecture n’en est que plus rapide et le lecteur n’aura de cesse de frémir à chaque nouvelle idée que l’auteur nous réserve. Et des idées, il en a ce Simon Rousseau, croyez-moi !

Dans l’immensité des forêts de l’Abitibi, au nord du Québec, là où les hivers sont d’un froid intense, une vieille légende des premières nations prend vie pour glacer le sang des habitants d’aujourd’hui. Le fait que l’histoire se base principalement sur une légende algonquienne donne au récit le sentiment de lire un véritable conte. En fait, je crois que de tous les contes interdits que j’ai lus, celui-ci représente le plus le style du conte. De ce côté, Simon Rousseau à donc franchement réussit son pari !

Ce n’est pas le roman le plus horrible à lire de la collection, encore moins le plus brutal. Néanmoins, les frissons sont bel et bien là. Et pas rien qu’un peu ! L’écriture est poignante et donne souvent froid dans le dos. J’ai ressenti à quelques reprises un étau se refermer sur mon coeur. Et à chaque tournant de page, je sentais la poigne de l’auteur resserrer la vis de plus en plus, allant parfois jusqu’à la limite du supportable.

Simon Rousseau nous présente un roman à mi-chemin entre le conte, le thriller et le roman noir. Tout est très bien dosé et les amateurs du genre y trouverons un récit des plus marquant. Le texte passe régulièrement du présent au passé pour permettre au lecteur de bien assimiler toute l’étendue de l’histoire et de bien comprendre que chaque détail y a sa place pour en faire un récit des plus complet. Vraiment, tous est là !

Décidément, cet auteur ne cesse de me surprendre. Entre ses deux contes interdits, je ne saurais dire lequel j’ai préféré. Mais chose certaine, Simon Rousseau fait maintenant parti des auteurs que je dois garder à l’oeil. Il a écrit d’autres livres me dites-vous ? Il va falloir que je me penche là dessus sérieusement !

« Libérée, Délivrée… ! » Non… NON !!!

30/11/2018

2 réponses
  1. Karine Abran
    Karine Abran dit :

    Personnellement, j’ai eu le même parcours littéraire que toi avec cet auteur. Je l’ai connu grâce à « Peter Pan », j’ai continué avec « La bête originelle » pour tomber sur « La reine des neiges ». Je ne connaissais pas le vrai conte de Hans Christian Andersan, je ne connaissais que le film de Disney. Mais avant ma lecture, j’ai préféré jeté un regard au vrai conte.

    Il est étonnant de voir comme tu le dis si bien, comment Simon Rousseau mélange réalité et fiction. Il est incroyable de le voir mélanger ces deux genres, en plus de deux temps différents par la même occasion. Ce qui me semble encore plus bouleversant, ce sont les passages qu’on ne décrit pas, ceux que l’auteur nous laisse imaginer de nous-même comme lors des sévices à l’orphelinat. Cette liberté imaginaire de l’auteur est ce qui m’a le plus marqué. Car malgré qu’il n’a décrit aucune scène, je suis certaine que chaque lecteur a partagé la même vision de ce qu’il sous-entendait, et cela, c’est une force que peu d’écrivain possède.

    Sur ce, je vais aller découvrir ses autres romans beaucoup plus soft : les enquêtes de Taylor Oswald !

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    • Lecture-Evasion
      Lecture-Evasion dit :

      « Car malgré qu’il n’a décrit aucune scène, je suis certaine que chaque lecteur a partagé la même vision de ce qu’il sous-entendait, et cela, c’est une force que peu d’écrivain possède. »

      Je suis entièrement d’accord avec toi là-dessus !
      J’ai bien hâte de découvrir ses autres écrits. Il est certain que je me les procurerai un jour. J’aime bien sa plume ! 🙂

      Bonne découverte !! 😀

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