Auteur : Ghislain Taschereau
Pages : 224
ISBN : 2-921775-85-9

Il se passe des choses étranges sur la planète Nète. Un jeune pommier sert de stèle funéraire à un cadavre deux fois millénaire. Le commandant Mandant devient fou à lier et maigrit à la vitesse de la lumière (d’une lampe de poche). Un Président fait des échanges de libidos. Bref, encore une fois, l’inspecteur Specteur se trouve plongé au beau milieu d’une enquête qui ne semble aller nulle part. Mais il n’est pas devenu le meilleur inspecteur de police au monde pour rien. Slalomant entre fariboles et paraboles, surfant dans un monde où les parties de bowling sont plus sanguinaires qu’un abattoir, Specteur et sa fidèle mademoiselle Zelle découvrent ce qui pourrait bien être une faille dans la dimension espace-temps de la planète Nète.

Note

Voilà un récit de n’importe quoi, de pleins de n’importe quoi, assemblés bout à bout, pour en faire un semblant de quelque chose. Et au final, ce semblant de quelque chose est franchement bien réussi. Tout est ficelé parfaitement. Peut-être pas finement ficelé, parce que c’est un peu grossier par moment. Mais disons que c’est ficelé avec du gros fil de laine bien chaud. Et ça fait la job comme on dit !

Le texte que couche sur le papier Ghislain Taschereau est remarquable ! La qualité des mots choisis est sans reproche et il peut aussi bien nous faire rire que nous toucher avec ses phrases. Ainsi, on peut lire dans le roman ce genre de passages poétiques :

« Il était totalement impuissant… Aucun mot ne lui venait à l’esprit. Aucun mot qu’il eût pu décrire tout l’amour qu’il avait pour cette beauté martyrisante et toute la haine qu’il vouait à cette misérable existence. Ses glandes lacrymales parlèrent pour lui. De son visage plongèrent bientôt une multitude de gouttelettes salées, kamikazes préférant mourir que de vivre dans des yeux misérables. »

Tout comme on peut aussi lire des scènes imagées et farfelues comme celle-ci qui apparaissent sans avertissement et qui ne peuvent que nous faire sourire :

« Un coup de volant poussa la Renault sur la gauche. Specteur venait d’apercevoir un lièvre. En plein milieu de la chaussée. Un autre coup ramena la bagnole en ligne droite. « Floc ! Floc ! » Oui ! Il l’avait eu ! Des deux roues de gauche, en plus ! Dire que Spec avait failli louper le petit gibier à ressorts, aveuglé qu’il était par la splendeur du paysage. »

Bref, autant l’humour absurde et la poésie des mots remplissent les pages de ce roman. C’est parfois touchant, c’est parfois hilarant. Et le mélange entre les deux est parfait. Le texte est léger et très fluide, accessible et facile à lire. Et puis il y a les jeux de mots, les bouffonneries en commentaires de bas de page et il y a aussi l’imagination de l’auteur. Si au début nous avons de la difficulté à bien comprendre l’histoire, il en va tout autrement à la fin lorsqu’on se rend compte que tout s’imbrique parfaitement.

L’imagination de Ghislain Taschereau est parfois farfelue, parfois un peu plus profond… mais entendons-nous, le burlesque n’est jamais bien loin ! Franchement, bravo à l’auteur pour ce deuxième tome de l’inspecteur Specteur !

19/12/2018

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