Auteur : Philippe Arseneault

Pages : 484

ISBN : 978-2-89649-544-3

Méfie-toi, lecteur. D’autres avant toi ont eu l’imprudence de s’intéresser au sombre destin de Zora Marjanna Lavanko. D’autres malheureux ont trouvé dans les pages de ce livre une matière si horrifiante qu’ils en ont à jamais perdu le repos. Prends bien garde de ne pas te mettre sur la route de Seppo, maître tripier et égorgeur de vierges, du capitaine Boyau, ignoble maquereau itinérant, de Glad l’Argus, barde sanguinaire, ou des autres vils personnages qui peuplent la forêt des Fredouilles. Tu t’exposerais à bien des calamités…
Lauréat du prix Robert-Cliche 2013, Philippe Arseneault relate, avec une érudition et un humour sans pareils, les aventures des habitants d’un coin perdu de la Finlande dans ce roman exceptionnel inspiré de la mythologie nordique.

Note

L’histoire de Zora Marjanna Lavenko – fille de Seppo, cruel maître tripier et égorgeur de vierges, propriétaire de l’auberge de l’Ours qui pète, repaire de voleurs, de prostitués et de violeurs en tous genres qui peuplent l’abominable forêt des Fredouilles – est un conte bien tragique.

D’abord il y a l’horreur puisque Zora est le résultat d’un viol abominable. Son père, dans les mains de qui elle finira, ne veut pas de cette enfant et fera moins que le stricte nécessaire pour la garder en vie. Elle apprendra vite à survivre par elle-même au milieu des clients de l’auberge, tous plus crapuleux les uns que les autres. Sa jeune enfance se passera dans cet endroit crasseux où le sang et les tripes de toute sorte sont présents partout.

Impossible de ne pas être saisi dès le début par cette lecture très crue et très imagée. Le style littéraire y est aussi pour quelque chose puisque l’auteur utilise un vocabulaire délirant qui va très bien avec le titre du roman. Philippe Arseneault s’amuse clairement avec ce récit, utilisant tout son talent de conteur pour donner encore plus de vraisemblance à l’histoire. C’est parfois déstabilisant, mais ça donne une richesse incroyable au récit, ce qui n’était certes pas pour me déplaire.

Tout au long du roman, on frémit avec Zora, un s’étonne aussi et parfois on pleure. Avec elle et pour elle. Ne vous y trompez pas, cette histoire est odieuse et cruelle. L’auteur a travaillé fort pour ce roman et il en ressort quelque chose d’étonnant, voire même parfois comique par la narration. Entre l’horreur et le fantastique, entre la beauté et la fantasy, entre ces légendes du nord qui composent les pages, c’est parfois horrible et choquant, mais c’est terriblement brillant!

À la fois conte et épopée, ce petit roman aurait bien pu se hisser au sommet de mes lectures favorites si ça n’avait été des quelques longueurs ressenti en cours de lecture. Zora, un conte cruel ne se retrouve peut-être pas sur le podium de mes lectures favorites, mais il atteint tout de même la quatrième ou la cinquième place. Aussi, je me sens presque mal de ne pas lui attribuer une meilleure note. Malgré tout, il frôle presque la perfection et je ne peux que vous le conseiller vivement. J’applaudi bien haut et bien fort le talent et l’imagination de l’auteur!

29/10/2015

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