Auteur : Dan Simmons
Pages : 1050
ISBN : 978-2-266-19117-3
Le 19 mai 1845, le HMS Erebus et le HMS Terror quittent l’Angleterre sous les vivats de la foule. Avec ces navires, le vénérable sir John Franklin entend enfin percer le mythique passage du Nord-Ouest. Mais à l’enthousiasme succèdent bientôt la désillusion, puis le drame… Mal préparée, équipée et dirigée, l’expédition se retrouve prisonnière des glaces et de la nuit polaire. La mort frappe. La maladie se répand. La faim, la mutinerie et la folie couvent. Et rôde une mystérieuse et terrifiante créature, incarnation des peurs ancestrales de l’homme face aux éléments.
Le 19 mai 1845, cent vingt-neuf hommes partaient pour un voyage au bout de l’enfer blanc. Combien en reviendront vivants ?
En 1845, deux navires britanniques s’aventurent dans les eaux glacées de l’Arctique à la recherche du passage du Nord-Ouest. Dans cet enfer de glace, le froid extrême et l’isolement font la vie dure aux matelots. Ajoutez à cela une mystérieuse créature qui rôde aux alentours et la survie devient une lutte de chaque instant.
Même sans la créature, leur situation serait déjà cauchemardesque. Ils sont prisonniers d’un environnement où chaque élément semble vouloir leur mort. Le froid, la faim, l’isolement, l’inconnu…
Dan Simmons m’a fait ressentir parfaitement le froid extrême, l’obscurité, l’isolement et l’épuisement. Les personnages sont déjà en lutte contre un environnement hostile qui pourrait les tuer à lui seul. Puis, il y a cette chose qui rôde. Une créature qui fait peur, insaisissable, toujours à la limite du champ visuel. En fait, c’est surtout ce qu’on ignore à son sujet qui la rend si terrifiante. On essaie de lui donner une forme, de comprendre comment elle se déplace, ce qu’elle veut et de quoi elle est capable… mais notre imagination n’arrive jamais à combler toutes les zones d’ombre pour s’en faire une image en tête.
Ce que j’aime dans ce genre d’horreur, c’est que même lorsqu’on ferme le livre, on continue à imaginer ce qui pourrait se cacher dans le noir. On y pense constamment. Peut-être est-ce dû au style de l’auteur ou au nombre de pages qui nous fait vivre cette longue aventure avec ces matelots, mais on ne cesse de penser à ces personnages, à la peur qui les habitent. Ici, on parle plus d’une horreur qui s’installe progressivement dans notre esprit plutôt qu’à une horreur qui cherche simplement à nous surprendre.
Dan Simmons reste fidèle à son style en nous partageant ici une longue histoire qui se vit plus qu’il ne se lit. Pour un roman de plus de 1000 pages, c’est un bon signe quand la longueur devient une immersion et non un obstacle. Tout au long de cette lecture, j’ai accepté que ce soit long, je me suis accroché et j’ai traversé des passages difficiles avec cet équipage parce que je sentais que tout cela finirait sur quelque chose de plus grand.
J’ai ressenti cependant bon nombre de longueurs dans ce roman qui alourdissent quelque peu le rythme du récit, tant je voulais en savoir plus sur leur présent. Néanmoins, les pages tournent d’elles-mêmes et, si ces petites incartades de la part de l’auteur me semblaient parfois irritantes, j’ai pris plaisir à toujours vouloir continuer ma lecture, ne serait-ce que pour ne pas abandonner ces hommes d’infortune.
Dans ce roman il y a l’horreur des conditions extrêmes, mais il y a aussi le destin de ces hommes qui nous tient grandement en haleine. Et plus l’expédition s’enfonce dans cet enfer blanc, plus je sentis le poids de la situation sur l’équipage. La peur, le désespoir, le manque de nourriture et la volonté de survivre prennent une place grandissante au fil des pages. Inévitablement, on finit par s’attacher à ces hommes qui se retrouvent confrontés à une situation aussi périlleuse. On ne cherche plus seulement à découvrir ce qui se cache dans la glace, mais on veut aussi savoir comment ils pourront tenir face à une épreuve si difficile.
Terreur ce n’est pas un roman comme les autres. C’est une immersion totale dans le grand nord, dans les grands vents et les bourrasques de neige de cet endroit hostile à l’homme. Cet équipage qui voulait découvrir une voie maritime et la gloire ne veulent maintenant plus qu’un chose. Fuir cet enfer blanc… et survivre à cette énorme bête qui les pourchassent.
Et après avoir passé autant de temps auprès de ces hommes, je peux dire que je ne les aurais abandonnés pour rien au monde !
20/10/2026




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