Auteur : H. P. Lovecraft
Pages : 111
ISBN : 978-153-7411-545
À la mort de son oncle, un jeune homme hérite de ses archives scientifiques et des notes sur une investigation étrange qu’il était en train de mener. Les découvertes qu’il va faire dépassent totalement la compréhension humaine…
Tous les témoignages recueillis pendant des dizaines d’années dans le monde entier parlent de rêves effroyables faits après la découverte d’une mystérieuse statuette d’argile représentant une entité semblant plus vieille que le monde lui-même et répondant au nom imprononçable de Cthulhu.
Je ressors de cette lecture un peu déboussolé… et pourtant, avec une grande curiosité pour découvrir davantage les écrits de H. P. Lovecraft. L’Appel de Cthulhu est une courte histoire, mais elle contient énormément de choses et donne surtout l’impression de n’être que la pointe de l’iceberg d’un univers beaucoup plus vaste.
Le style de l’auteur est assez particulier. Lovecraft ne nous raconte pas directement l’histoire comme on pourrait s’y attendre. Il passe plutôt par son personnage, qui rassemble des informations, consulte des documents et tente de comprendre ce qu’il découvre. À travers ses recherches, nous avançons nous aussi, morceau par morceau, vers quelque chose qui semble dépasser complètement la compréhension humaine. Cette façon de construire le récit nous donne presque l’impression que ce que l’on lit pourrait être réel.
J’ai beaucoup aimé cette façon de construire le récit. Les découvertes s’accumulent et certains documents deviennent de véritables fenêtres ouvertes sur quelque chose d’inquiétant. Plus le personnage cherche à comprendre, plus le mystère semble prendre de l’ampleur. Et cette impression de mettre le nez dans quelque chose qu’on aurait peut-être mieux fait de laisser tranquille fonctionne particulièrement bien.
La plume de Lovecraft est froide, presque pragmatique. Il ne cherche pas constamment à nous faire sursauter. Il installe plutôt un malaise qui grandit tranquillement, en nous donnant juste assez d’informations pour éveiller notre imagination… sans jamais tout nous révéler. C’est justement ce qui rend certaines découvertes aussi troublantes.
Et puis il y a Cthulhu. Même si la créature occupe finalement une place assez limitée dans le récit, son existence semble avoir des ramifications beaucoup plus importantes. On comprend rapidement qu’il y a derrière elle tout un univers de mythes, de créatures et de forces anciennes qui dépassent largement ce que l’on découvre dans cette nouvelle.
C’est d’ailleurs probablement ce qui m’a le plus marqué puisque j’aurais aimé en savoir encore plus. Le récit ouvre tellement de portes que je me suis retrouvé avec l’impression de n’avoir fait qu’entrevoir quelque chose d’immense. C’est à la fois fascinant et frustrant.
L’Appel de Cthulhu n’a donc pas été une lecture complètement confortable pour moi. Je termine avec plusieurs questions, une impression étrange et l’envie d’aller voir ce qui se cache derrière cette histoire. Mais je me dis que c’est peut-être là que Lovecraft réussit le mieux son coup puisqu’il nous donne envie de regarder derrière la porte, même après nous avoir prévenus que nous ne devrions probablement pas l’ouvrir.
Une découverte étrange, parfois déroutante, un peu frustrante… mais surtout fascinante. Et certainement pas la dernière fois que je vais plonger dans l’univers de Lovecraft !
10/08/2026





Je rajoute ce titre dans ma WishList car dieu sait que j’aime les lectures qui dérangent 🙆🏽♀️