Auteur : Dan Simmons
Pages : 449
ISBN : 978-2-89698-347-6
Comme chaque année en novembre, ils se retrouvent tous les quatre, Anabelle, Walid, Philippe et Rémy, pour une fin de semaine de chasse sur la terre qu’ils possèdent ensemble au cœur de la Mauricie. Ils ont trente-cinq ans et se connaissent depuis l’enfance, mais un secret atroce, presque impossible à porter, les déchire. La survie de leur amitié ne tient peut-être qu’à ces séjours devenus une tradition.
Lorsqu’à la fin de la première journée, Walid et Philippe ne rentrent pas au camp, Anabelle et Rémy craignent le pire. Depuis quelque temps, Walid est agité, il pense à la mort, et ses problèmes de consommation se sont aggravés. La veille, Philippe et lui ont failli en venir aux mains. Et ce matin à l’aube, un coup de feu unique a résonné dans l’air glacial et humide de la forêt.
Ils pourraient n’être qu’égarés. Or Anabelle, au fond d’elle-même, en doute – elle qui, en ce lieu plus que nulle part ailleurs, a toujours ressenti un appel, un appétit vertigineux, irrésistible, qui est son don, et peut-être sa malédiction.
Encensé par beaucoup pour ses qualités qui vont bien au-delà de l’horreur, le roman Les Ravisseuses de Charles Dionne devait inévitablement se retrouver entre mes mains un jour où l’autre. C’est un roman psychologique à l’ambiance sombre qui dévoile ses secrets tranquillement, s’assurant au préalable d’accrocher son lecteur fermement par ses personnages complexes et un sentiment de malaise sans cesse grandissant.
Ce sont d’abord des amis d’enfance. Le genre d’amitié qui dure dans le temps et se transporte à l’âge adulte. Le genre d’amitié que rien ne semble pouvoir ébranler. Et pourtant… Ce groupe d’amis cache un lourd secret qui pourrait bien faire voler en éclats cette amitié. Et durant leur fin de semaine de chasse annuelle, tout bascule…
Les Ravisseuses de Charles Dionne me fait beaucoup penser à un roman de Stephen King. Dans le sens que c’est une lecture lente, qui mise beaucoup sur l’atmosphère, la profondeur des personnages et l’inquiétude qui est sans cesses grandissante et qui nous donne l’impression que quelque chose cloche… sans nécessairement savoir quoi. Les personnages sont bien travaillés et possèdent un passé important, qui nous est dévoilé progressivement au fil du récit. L’auteur prend son temps pour installer son histoire et laisse la tension monter tranquillement, jusqu’à rendre certains passages plutôt malaisants.
Certains passages nous ramènent dans le passé alors qu’on veut savoir ce qui se passe dans le présent. Ça peut sembler frustrant parfois, et pourtant c’est durant ces chapitres que le lecteur commence à comprendre ce qui se passe réellement. Et c’est là que l’auteur sort son joker de sa poche pour nous emmener complètement ailleurs…!
Charles Dionne utilise le surnaturel qu’il dose parfaitement pour intriguer le lecteur tout au long de sa lecture. À chaque fois qu’on en apprend plus, on a l’impression d’en savoir moins. On reste dans le flou en s’imaginant quelque chose, et puis l’auteur chamboule tout en quelques chapitres pour nous dévoiler une finale grandiose et terriblement inattendue !
Cette fin, volontairement mystérieuse m’a frappé en pleine face ! C’est le genre de fin qui nous prend complètement par surprise et qui nous rappelle que, depuis le début, on était loin de s’imaginer un récit aussi surprenant. Charles Dionne n’y est pas allé avec la facilité pour cette conclusion… et si certains semblent passablement déçu, moi j’y ai vu une façon efficace de pousser le mystérieux plus loin afin de déstabiliser et bousculer encore plus le lecteur. Et j’ai adoré !
30/10/2026




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