Auteur : L.P. Sicard
Pages : 195
ISBN : 978-2-89803-779-5

Une fillette hantée de souvenirs qui ne sont pas les siens;

Des cauchemars, incessants, qui frappent à la même heure;

Un avertissement incompris, une menace ignorée;

Et le passé terrifiant, impitoyable, qui rattrape l’innocence d’Aurore.

Cette réécriture moderne et terrifiante du conte de Charles Perreault est une véritable matière à cauchemars. Entre secrets, meurtres, débauche et abomination, l’horreur se redéfinit complètement encore une fois sous la plume de L.P. Sicard

Note

Les contes interdits et L.P. Sicard, pour moi, ça va ensemble. J’ai connu l’un et l’autre en même temps alors que j’ai commencé cette série avec Blanche Neige. Je me souviens alors avoir été fortement ébranlé par cette lecture. Le style, les idées, les mots choisis pour parvenir à nous raconter une histoire morbide et glaçante. J’avais alors eu l’impression que l’auteur m’avait agrippé par le collet et brassé comme c’est pas possible, me traînant sur les chemins cahoteux de son imaginaire débordant. Avec La belle au bois dormant, j’ai ressenti un peu la même chose…

Pourtant j’étais prêt cette fois. Je savais, pour avoir lu quelques romans de cet auteur, qu’il ne fait pas dans la dentelle. Je savais que je risquais encore une fois de me faire secouer. Mais je n’avais pas pensé l’être autant. Il m’a agrippé, certes, mais cette fois il a aussi fait bien pire !

Ce n’est pas une lecture à lire à ses enfants. Bien sûr, vous vous en doutez… ce n’est pas le premier conte interdit dont vous entendez parler. Et pourtant, c’est le genre de lecture qui émerveille mon cœur d’enfant… pour un temps. Parce que rapidement tout vire au cauchemar. Les frissons s’invitent et soudainement rien ne va plus. Les doigts de l’auteur lâchent notre collet et s’enroulent autour de notre cœur qui bat de plus en plus vite. Et là, il s’amuse à nous chatouiller de l’intérieur. Tout doucement mais fermement.

Entre souffrances, folie et désespoir, nous suivons une histoire mystérieuse et pourtant merveilleuse. Pas le genre de merveille à la Walt Disney. Parce qu’ici c’est bien plus morbide ! Ce que vit le personnage principal nous fascine. Le genre de fascination malsaine, le genre de fascination qui s’installe en nous qui sommes témoin de tout ce qu’il lui arrive. Oh, l’inquiétude est là aussi. Mais la fascination est plus forte et nous pousse à toujours vouloir tourner les pages. Parce qu’on se dit qu’en tant que lecteur, peut-être pourrions-nous supporter Aurore un tant soit peu, ne serait-ce qu’en suivant son histoire…

Et puis, c’est le dégoût qui embarque. Il pousse pour se faire une place de choix dans notre tête. Et pourtant la fascination ne se laisse pas faire parce qu’il nous est impossible de ne pas continuer et en redemander plus. Ce n’est pas facile à expliquer. Ça se vit ! Et croyez-moi si je vous dis que L.P. Sicard sait parfaitement comment s’y prendre pour aller chatouiller notre intérieur. Parfois en nous agrippant, parfois en nous griffant, mais toujours de façon subtil. Comme s’il prenait plaisir à s’amuser avec nous. Et c’est clairement ce qu’il fait !

Les idées de ces auteurs des contes interdits me rejoignent facilement. J’aime les directions qu’ils choisissent pour nous présenter leurs histoires. Inévitablement, certains contes se démarquent plus que d’autres. Et c’est le cas ici ! Frissons, dégoût et fascination se partagent nos sentiments. Tout ça entrecoupé d’inquiétude et de peur. Et que dire de la plume de L.P. Sicard. J’en suis tombé amoureux dès les premières lignes de Blanche Neige. Il réussit à mélanger le poétique et l’horreur. À chaque nouvelle lecture de cet auteur, le récit me confirme son immense talent. J’adore !

26/11/2020

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