Auteur : China Miéville

Pages : 296

ISBN : 2-265-08121-3

Londres, années 90. Un soir, alors qu’il rentre chez lui, Saul Garamond découvre le cadavre de son père. Accusé par la police, il est bientôt emprisonné. Surgi de nulle part, un personnage étrange se présente alors comme le Roi des Rats… et l’oncle de Saul ; un neveu qu’il libère et entraîne à travers les égouts de Londres, au plus profond de son royaume. Peu à peu, il révèle à Saul ses origines animales et l’héritage qui est le sien. Commence alors la métamorphose, mais le temps presse : un tueur fou est sur les traces du Roi des Rats et de son nouveau protégé, un joueur de flûte prodige qui a déjà envoûté les amis musiciens de Saul. Jusqu’à ce que mort s’ensuive…

Note

Premier roman de China Miéville, cet auteur qui a mérité plusieurs prix littéraires au court de sa carrière. C’est aussi le premier roman de cet auteur dont je parcoure les pages. Et bien franchement, je m’en serait presque passé…

En premier lieu, l’écriture est beaucoup trop simpliste et manque souvent de punch pour accrocher suffisamment le lecteur. On remarque très vite une sur-utilisation de plusieurs mots, comme si l’auteur avait du mal à trouver des synonymes adéquats pour permettre à son récit de bien évoluer. Est-ce un manque d’expérience de la part de l’écrivain lui-même ou une traduction inadéquate ? Je ne pourrais le dire, mais le tout était si envahissant que la lecture en devenait carrément redondante.

L’histoire a pourtant le mérite d’être intéressante. Seulement, plusieurs lacunes marquantes entachent le résultat final de façon presque grotesque. Pour commencer, le personnage principal – un certain Saul – est embarqué dans une aventure de façon très hâtive, ce qui empêche de croire au réalisme et la vraisemblance du récit. Pratiquement en partant, j’avais du mal à bien apprécier le personnage tant ses décisions étaient improbables.

Mis à part les acteurs du récit, dont le sentiment d’attachement envers eux était pratiquement absent, l’auteur semblait vouloir en faire un peu trop. Le texte penche souvent vers un côté vulgaire qui n’est pas nécessairement le bienvenu. Et ce côté vulgaire prend le dessus surtout dans les discussions entre les personnages, ce qui gâche encore une fois le plaisir que le lecteur aurait pus ressentir en lisant les pages. Cette vulgarité excessive rend les discussions passablement ennuyantes par moment et n’apportent absolument rien d’intéressant à l’histoire.

Le point positif reste toutefois que l’idée première est franchement intéressante. Certains passages du récit sont bien menés et assez captivants pour faire sortir le lecteur de sa torpeur. Malheureusement, le reste est terriblement mal exploitée et donc au final – bien que ça aurait pu être un bon livre – le plaisir de lecture est gâché par une écriture beaucoup trop maladroite… Et comparer ce roman avec un Neil Gaiman – comme c’est écrit au dos du livre – est franchement rabaissant pour ce dernier. Parce que, mis à part le fait que l’histoire se passe en-dessous de la ville de Londres, rien n’est comparable à Neverwhere. Nous sommes très loin de ce que Neil Gaiman est capable d’accomplir !

C’est donc de la plume très inexpérimentée de l’auteur que je me souviendrai le plus et non de l’histoire qu’il a voulu nous transmettre. Et bien que China Miéville ait mérité le Grand Prix de l’Imaginaire pour Perdido Street Station, il y a très peu de chance que je m’y laisse tenter un jour…

29/07/2012

1 réponse
  1. scifi
    scifi dit :

    Je vais le lire d’ici peu et j’avoue que je crains un peu^^. Mais c’est vraiment dommage que ça t’ait laissé une image somme toute assez négative de cet auteur. Ces autres livres sont vraiment excellents ! J’espère que tu te laisseras tenter un jour.

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