Auteur : Biz

Pages : 235

ISBN : 978-2-7609-3377-4

Un médecin s’établit dans une petite ville du nord du Québec en même temps qu’une grande compagnie minière s’intéresse au minerai du sous-sol de cette région. Or, cette avidité de l’entreprise qui cannibalise la terre a des répercussions humaines plus horribles qu’il n’y paraît.

Le Wendigo, ce monstre mangeur de chair, sévit-il à Mort-Terrain ? La communauté autochtone sera-t-elle de nouveau dépossédée ? Et cette guerre civile qui oppose ceux qui veulent des emplois à tout prix et ceux qui craignent que le prix des emplois soit trop grand à payer, combien de victimes fera-t-elle ?
Car voilà que les cadavres s’additionnent.

Note

L’auteur Biz n’a plus besoin d’être présenté au Québec. Connu d’abord comme membre du groupe Loco Locass, il s’est aussi taillé une place importante dans le monde littéraire avec des romans profondément humains, engagés et souvent bouleversants. Et c’est avec autant de curiosité que d’appréhension que j’ai commencé Mort-Terrain.

Dans ce roman, on suit un médecin nouvellement arrivé à Mort-Terrain, un petit village isolé du nord du Québec. Il débarque au même moment qu’une grande compagnie minière bien décidée à exploiter les richesses du sous-sol de la région. Rapidement, la tension monte dans la communauté. D’un côté, il y a les habitants qui voient enfin apparaître des emplois et une possibilité de relancer une région économiquement fragile. De l’autre, il y a les Algonquins, profondément liés à ces terres qu’ils habitent et protègent depuis des générations.

Le personnage principal se retrouve alors coincé entre deux réalités. Entre le progrès économique promis par la mine et le respect du territoire, des traditions et de la nature. Et c’est là, selon moi, que le roman devient particulièrement fort. Biz ne cherche pas à donner des réponses faciles. Il nous pousse plutôt à réfléchir, à comprendre les motivations de chaque camp et à réaliser à quel point certaines décisions peuvent déchirer une communauté entière.

Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est l’ambiance lourde et presque oppressante du roman. On sent le froid, l’isolement, la colère qui gronde tranquillement sous la surface. Mais malgré tout, le récit reste profondément humain. Les personnages ne sont ni totalement bons ni totalement mauvais. Ils essaient simplement de survivre, chacun à leur façon.

Mort-Terrain est un roman qui parle autant du territoire québécois que de ceux qui l’habitent. Un livre qui soulève des questions importantes sur l’exploitation des ressources, le rapport à la nature et les blessures encore bien présentes entre les peuples autochtones et le reste de la société québécoise. Ce n’est pas toujours une lecture confortable, mais c’est justement ce qui la rend aussi marquante.

Et honnêtement… plus j’avançais dans le roman, plus je me demandais ce que moi-même j’aurais choisi à la place du médecin. Parce que dans Mort-Terrain, il n’y a pas de solution parfaite. Seulement des conséquences.

Mort-Terrain est le genre de roman qui nous rappelle que certaines batailles ne se jouent pas seulement sur un territoire… mais aussi dans la conscience de ceux qui y vivent…

16/05/2026

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