Faut-il encore lire des classiques ?
Et si les classique étaient surestimés ?
Quand j’étais à l’école, les classiques imposés ont fait en sorte que la lecture devienne pour moi un fardeau plutôt qu’un plaisir. Le côté analytique des œuvres, la pression de tout décortiquer pour en tirer des leçons littéraires, m’a souvent découragé. Les sujets ne m’intéressaient pas du tout ! J’ai fini par associer la lecture à une obligation, perdant tout intérêt pour l’acte même de lire. Ce n’est que plus tard, en découvrant des livres en dehors du programme scolaire, que j’ai retrouvé l’envie de lire, sans pression !
La littérature classique, c’est un peu comme un héritage : on nous dit qu’il faut l’aimer, le respecter, le préserver. Pourtant, certains de ces « chefs-d’œuvre » semblent aujourd’hui un peu trop… surévalués.
Les fameux classiques, ces livres dont tout le monde parle, qu’on nous impose dès l’école, sont-ils vraiment à la hauteur de leur réputation ? Certains peuvent-ils être surestimés ?
Osons le dire : il est possible de les trouver ennuyeux, dépassés ou même carrément agaçants !
Moi, les classiques, j’ai ben de la misère avec ça !
Souvent, je trouve le style trop lourd, trop chargé en descriptions interminables qui me perdent avant même que l’histoire ne commence vraiment. Les tournures de phrases d’un autre siècle – qui parfois donnent un charme à certain livres – me donnent parfois l’impression de devoir déchiffrer un texte plutôt que de simplement me laisser porter par le récit. Et puis, il y a ces intrigues qui avancent à pas de tortue, alors que j’aime quand un livre me happe dès les premières pages.
Peut-être que c’est aussi à cause de l’école. Lire un classique parce qu’on y est obligé, avec des analyses imposées et des dissertations à rédiger, ça n’aide pas à apprécier l’histoire pour ce qu’elle est. Certains de ces livres ont sûrement des qualités indéniables, mais si on ne les découvre pas au bon moment ou dans les bonnes conditions, ils peuvent facilement nous rebuter.
J’ai cessé de me mettre de la pression avec les classiques parce qu’au fond, ce n’est pas si grave. Aimer les classiques n’est pas un prérequis pour être un véritable lecteur. L’essentiel, c’est de lire, peu importe le genre ou l’époque du livre, tant que l’on y trouve du plaisir. Chaque lecteur évolue à son propre rythme, selon ses goûts et ses envies. L’important, c’est de savourer l’expérience de lecture, quelle qu’elle soit.
Pourquoi un livre devient-il un « classique » ?
Avant de juger un livre trop vite, prenons un instant pour comprendre ce qui fait qu’un ouvrage accède au statut de « classique ». Est-ce simplement une question de talent littéraire ? Ou bien un mélange d’influence culturelle, d’héritage historique et de consensus critique ?
L’un des critères essentiels, c’est l’impact qu’un livre a eu sur son époque et sur celles qui ont suivi. Certains romans ont bouleversé les codes littéraires, innové par leur style ou leur construction narrative. D’autres ont su capturer une vision du monde avant-gardiste, dénoncer des injustices, ou encore explorer des thématiques universelles qui continuent de résonner aujourd’hui. Un classique, c’est aussi un texte qui a traversé les âges sans disparaître, qui a su toucher des générations successives et se réinventer à travers de nouvelles lectures et interprétations.
Mais cette reconnaissance est-elle toujours méritée ? L’étiquette de « classique » garantit-elle vraiment un livre incontournable et passionnant ? Ou bien est-ce simplement le poids du temps, de l’histoire et des traditions qui le maintient sur un piédestal ? Après tout, certains ouvrages sont devenus des classiques parce qu’ils ont été imposés par le système scolaire, parce que des générations de critiques les ont érigés en modèles, ou encore parce qu’ils appartiennent à un patrimoine littéraire que l’on ose rarement remettre en question.
Un livre est-il intemporel parce qu’il continue de parler à notre époque… ou simplement parce qu’on nous dit qu’il le faut ? Et surtout, a-t-on le droit de ne pas aimer un classique sans pour autant être perçu comme un « mauvais lecteur » ?
Peut-on remettre en doute certains classiques ?
Prenons L’Étranger de Camus.
« Aujourd’hui, maman est morte. » Qui n’a jamais entendu cette phrase mythique ? Elle intrigue, interpelle, donne envie d’aller plus loin. Pourtant, derrière cette ouverture percutante, on découvre un roman au ton sec, détaché, presque glacial. Meursault, le personnage principal, semble totalement indifférent à tout, au point de laisser certains lecteurs perplexes. Génie de l’absurde ou roman faussement profond qui, au final, laisse de marbre ?
Pour moi, c’est clairement la seconde option. J’ai trouvé ce livre long, insipide, et son héros trop distant pour que je puisse m’y attacher. Un classique, peut-être, mais pas un coup de cœur.
À l’inverse, il y a Jules Verne. Ses œuvres, comme Vingt mille lieues sous les mers ou Voyage au centre de la Terre, sont devenues des références incontournables, tant dans la littérature classique que dans la culture populaire. Contrairement à d’autres classiques parfois jugés difficiles ou vieillots, ses récits restent accessibles et captivants. Ses intrigues dynamiques, son imagination débordante et son sens du détail scientifique fascinent encore aujourd’hui. Certes, son écriture peut sembler datée, mais son sens de l’aventure transcende les époques.
Preuve que tous les classiques ne se valent pas… et qu’on a tout à fait le droit de ne pas les aimer !
Pourquoi ces livres sont-ils encore lus ?
Une question qui se pose : pourquoi continuons-nous à lire ces livres malgré leurs défauts apparents ? La réponse est simple : la tradition. On les lit parce que tout le monde les lit, parce qu’ils sont enseignés à l’école et qu’ils font partie du patrimoine littéraire mondial.
Beaucoup de lecteurs se sentent obligés de les lire, parfois plus pour remplir une case de leur parcours littéraire que pour réellement apprécier l’œuvre. Par ailleurs, ces livres ont aussi une dimension « prestige » : les citer prouve qu’on a un certain niveau de culture générale.
Pourtant, au-delà de ces raisons, certains classiques restent pertinents malgré leurs défauts. Le contexte change, mais leurs thématiques universelles continuent de résonner avec les lecteurs. Parfois, le plaisir de lecture ne vient pas immédiatement, mais évolue avec le temps et l’expérience. Ce qui semblait ennuyeux ou inaccessible à un moment donné peut finalement révéler toute sa richesse plus tard.
Faut-il vraiment lire tous les classiques ?
Ma réponse est simple : non ! Il ne faut pas se sentir obligé de lire les classiques pour être un « vrai » lecteur. La lecture reste avant tout un plaisir et une exploration personnelle. Chacun devrait pouvoir choisir ses livres en fonction de ses envies et de ses sensibilités. Après tout, l’important n’est pas tant ce que l’on lit, mais le fait de lire !
Il est totalement acceptable de ne pas aimer un classique ou de ne pas vouloir le lire. On a le droit de trouver certains romans ennuyeux, trop longs ou trop complexes pour notre époque. La lecture doit avant tout être un plaisir et non une obligation.
Alors, oui, certains classiques sont indiscutables, alors que d’autres ne méritent peut-être pas une place aussi exaltée dans le panthéon littéraire.
Suis-je un mauvais lecteur si je n’aime pas lire des classiques ?
C’est une question qui revient souvent, comme si la légitimité d’un lecteur dépendait de sa capacité à apprécier Balzac, Proust ou Flaubert. Pourtant, je dis toujours que la lecture ne devrait jamais être une question de normes ou de prestige, mais avant tout de plaisir et de curiosité.
Refuser de lire des classiques ne signifie pas qu’on ne sait pas apprécier la littérature, mais simplement qu’on a d’autres goûts, d’autres attentes envers la lecture. Certains lecteurs trouvent leur bonheur dans la science-fiction, le polar, la fantasy ou la romance, et pourquoi pas ? Ces genres racontent aussi des histoires profondes, riches en émotions et en réflexion. Ce n’est pas parce qu’un livre a été écrit il y a deux cents ans qu’il est nécessairement plus légitime qu’un roman contemporain.
D’ailleurs, qu’est-ce qu’un « classique » ? Un livre ancien et reconnu, ou simplement un texte qui marque son époque ? Aujourd’hui, des auteurs modernes sont étudiés dans les écoles et deviendront peut-être les classiques de demain. La littérature évolue, et je pense qu’il est normal que nos goûts suivent cette évolution.
Alors non, ne pas aimer les classiques ne fait pas de nous de mauvais lecteurs. Ce qui compte, c’est de lire, d’explorer, de découvrir des histoires qui nous touchent et nous transportent dans notre imaginaire. Parce qu’au final, la vraie question, ce n’est pas « Que faut-il lire ? », mais plutôt « Qu’est-ce qui me donne envie de lire ? »