Auteur : David Bédard
Pages : 307
ISBN : 978-2-89848-126-0
Les Classiques Interdits
L’appel de Cthulhu
Rongé par une solitude accablante et un mal de vivre constant qui lui vrille les boyaux, Daniel Tellier ne sort pratiquement plus de chez lui depuis que sa famille a péri dans une terrible tragédie, l’an dernier. Depuis, son existence n’est qu’un combat perpétuel, une lutte contre son envie irrépressible de mettre fin à ses jours.
Sa vie bascule le jour où l’on frappe à sa porte afin de lui remettre un mystérieux coffre en bois dont il vient, lui dit-on, d’hériter.
Convaincu que les coupures de journaux, les notes inscrites à la main et la statuette monstrueuse qu’il contient sont liées à une obscure machination, Daniel décide de poursuivre les recherches de son défunt grand-oncle.
Son enquête l’aspirera rapidement au cœur d’un univers aussi troublant que dangereux, dans lequel les ficelles sont manipulées par une société secrète aux sinistres desseins…
Le récit commence brutalement alors qu’un homme semble avoir tout réglé pour réussir son suicide. Mais voilà que par le plus heureux des hasards, il se réveille quelques heures plus tard, visiblement déçu d’avoir manqué son coup. Cet homme, c’est Daniel Tellier. Et alors qu’il vient tout juste d’échapper à la mort, il se voit remettre des documents mystérieux suite au décès de son grand-oncle qu’il connait à peine. Des feuillets et un coffre très intriguant. Daniel – trouvant ici un but à quoi se raccrocher – décide alors de se plonger dans ce mystérieux colis au point d’en être presque obsédé.
J’ai lu cette nouvelle de Lovecraft il y a peu dans le but de lire ce Classique Interdit de David Bédard. Je me souviens des frissons qui s’insinuaient tranquillement en moi pour augmenter le malaise au fur et à mesure que le récit avançait. Ce sentiment oppressant où l’atmosphère sombre et inquiétante qui nous laisse constamment présager le pire.
Et je suis heureux de constater que dans cette approche plus contemporaine – qui est plus axée sur les personnages – l’auteur nous amène là où Lovecraft n’a fait que survoler les possibilités. La nouvelle originale de H. P. Lovecraft nous plonge dans un malaise grandissant, nous dévoilant chaque élément au compte-gouttes comme si c’était quelque chose simplement relaté par ceux qui en ont été témoins. David Bédard, lui, amène son personnage à vivre lui-même ses découvertes… nous faisant voir l’immensité de l’horreur prendre forme sous nos yeux.
L’auteur reprend donc les fondements de Lovecraft tout en s’éloignant du style narratif original pour nous faire vivre une version plus immersive. Le style brute et ancien est laissé au profit d’un récit où le rythme est plus soutenu et intriguant. Et ça marche !
En s’éloignant du style original, David Bédard s’expose inévitablement aux comparaisons avec Lovecraft. Mais le voilà qu’à sa propre manière il nous emmène bien au-delà des attentes en nous partageant sa propre vision, donnant à cette histoire une toute autre dimension !
02/10/2026





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