Auteur : H. P. Lovecraft
Pages : 135
ISBN : 978-2757-887120-7
« La singularité de cet homme-là n’est pas moindre : la littérature vient là et se renverse. De Lovecraft, nous savons les livres de sa bibliothèque, la Remington 1906, la date de ses brouillons. Mais nous commençons tout juste à prendre en compte, dans notre lecture, l’essor des villes, le rôle des magazines, la montée des idéologies dans l’après de la Grande Dépression, ou le bouleversement qu’induisent les sciences. »
– François Bon
Né aux États-Unis en 1890 et mort en 1937, Howard Phillips Lovecraft est considéré aujourd’hui comme l’un des écrivains d’horreur et de science-fiction les plus importants du XXe siècle.
« Howard Phillips Lovecraft constitue un exemple pour tous ceux qui souhaitent apprendre à rater leur vie, et éventuellement à réussir leur œuvre. »
– Michel Houellebecq
La couleur tombée du ciel
Un météore tombe non loin d’une ferme et tranquillement tout ce qui est à proximité se retrouve touché par un mal inconnu. Quelque chose semble altérer la matière et la nature elle-même semble malade. Comme si la couleur changeait – dans une palette de couleurs inconnues – et devenait étranges et nauséeux. L’herbe et les arbres flétrissent et se cassent, les animaux tombent malades et meurent, eux aussi semblant s’effriter et casser. La toxicité de l’endroit touche même les habitants de cette ferme qui semblent être porteurs de folies et de maladies.
La dégradation est progressive. L’horreur n’arrive pas d’un coup. La contamination gagne doucement du terrain et se propage inexorablement. Je ne connais pas Lovecraft depuis bien longtemps, mais je connais maintenant son style. Il nous partage l’horreur de l’inconnu, tranquillement et à petits feux, augmentant le malaise à chaque page. Son style est simple et en un sens très percutant. Il a compris que l’incompréhension joue bien plus sur la peur chez le lecteur que de le confronter directement aux gros effets horrifiques. Et ça marche !
Avec des tournures de phrases d’un temps ancien, l’auteur réussit, en bien peu de pages, à rendre un endroit aussi banal qu’une ferme inquiétant. Le tout avec une justesse troublante. Les phrases sont teintées d’une étrange poésie et nous semblent presque hypnotiques par moment. Ce style donne encore plus de mystère au récit, qui semble alors plausible… comme si cette histoire avait vraiment eu lieu.
La chose sur le seuil
Avec La chose sur le seuil, l’auteur exploite ici la peur de perdre le contrôle de son corps, et la façon dont il amène son récit à de quoi donner quelques frissons. Encore une fois, l’ambiance inquiétante s’installe tranquillement. Le mystère s’épaissit et devient de plus en plus menaçant.
On est plus dans la nouvelle horrifique psychologique ici plutôt que dans l’horreur cosmique. Alors qu’un ami semble possédé par un mal étrange, la frontière entre le réel et le surnaturel vacille. On ne sait jamais vraiment ce qui arrive. Plus le récit avance, plus ça devient inquiétant. Et avec la première phrase coup de poing de cette nouvelle, on ne peut que s’imaginer le pire !
Lovecraft termine avec une fin qui laisse sous-entendre que cette menace n’est pas totalement disparue. Le malaise persiste, les réponses restent absentes et on a l’impression que tout ça est beaucoup plus grand et qu’on ne semble avoir qu’effleuré le sujet… comme si en savoir trop rendrait l’horreur insupportable pour l’esprit humain.
Lire du Lovecraft, c’est le genre où on a l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose, mais qui, pourtant, reste en mémoire un bon moment après avoir terminé sa lecture. Et c’est exactement ce qui se passe avec ces deux petites nouvelles !
28/09/2026





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