Auteur : David Goudreault
Pages : 243
ISBN : 978-2-7604-1186-9
« J’ai encore tué quelqu’un. Je suis un tueur en série. D’accord, deux cadavres, c’est une petite série, mais c’est une série quand même. Et je suis jeune. Qui sait jusqu’où les opportunités me mèneront ? L’occasion fait le larron, le meurtrier ou la pâtissière. C’est documenté. »
La prison brise les hommes, mais la cage excite les bêtes.
Entrer dans La bête et sa cage, c’est accepter de replonger dans la tête d’un personnage profondément dérangeant. David Goudreault ne nous ménage pas : on retrouve ce jeune asocial, toujours aussi centré sur lui-même, convaincu d’avoir raison contre le monde entier. Un narrateur que l’on n’a aucune envie d’aimer – et c’est précisément là que le roman frappe fort.
Après le meurtre commis dans le premier tome, la prison devient ici le nouveau décor, mais surtout une caisse de résonance à ses pensées. Raciste, homophobe, narcissique, persuadé de sa propre supériorité, il raconte son incarcération avec la même arrogance brute. Lire ce roman, c’est accepter de cohabiter avec une voix intérieure toxique, oppressante, souvent révoltante… mais impossible à ignorer. Le plus troublant étant qu’il agit sans jamais prendre conscience de ce qu’il est réellement, convaincu de sa propre normalité et de sa propre vérité. Malaise après malaise, il réussit l’exploit de nous surprendre encore, en creusant chaque jour un peu plus le fond.
Dans ce deuxième tome, David Goudreault pousse encore plus loin ce qu’il avait amorcé. Le récit gagne en densité, en maturité, sans jamais perdre cette ironie mordante qui fait sa force. L’écriture reste brute, parfois violente, mais elle frappe avec davantage de précision. L’humour noir est toujours là, grinçant, presque cruel, servant de contrepoids à une histoire qui s’assombrit et s’intensifie.
Le lecteur n’est plus seulement accroché : il est entraîné, pris au piège, bousculé sans ménagement. Ce tome-là ne cherche pas à séduire, il impose. Le point de vue profondément dérangé du personnage oblige le lecteur à accepter qu’un être aussi abject puisse exister, tout en ne se faisant aucune illusion sur l’humanité qu’il représente.
C’est un roman qui laisse des traces, qui secoue longtemps et qui va rester dans ma tête bien après la dernière page !
24/01/2026
« Il y a trop de malaise à parler des races de nos jours. C’est ça, le véritable racisme, cette obstination à tout niveler sans reconnaître les différences. Les Noirs aiment le sport, les Jaunes aiment les mathématiques, les Bruns aiment les tapis et les Blancs aiment étendre leur territoire et exterminer tout ce beau monde. C’est documentaire ; filmé et documenté. Faut se dire la vérité, y a pas de gêne à être les vainqueurs impénitents asservissant la majeure partie de l’humanité. J’en suis fier, moi ! »




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