Quelques pages pour redevenir moi
Parfois, il suffit d’une page pour me ramener là où tout semblait plus grand, plus simple, plus beau.
Ce qui me manque le plus ? Ma vision d’avant.
Avant de savoir ce que c’était, être adulte. Avant de comprendre que « tu verras quand tu seras grand » n’était pas une menace vague… mais un spoiler.
Je croyais qu’être adulte, c’était avoir une carte de crédit et pouvoir manger des biscuits au chocolat au déjeuner sans demander la permission. Je ne savais pas que ça venait avec l’anxiété, les factures, et l’envie soudaine de pleurer devant le gazon à couper.
Avant, je croyais que mes parents exagéraient quand ils disaient « j’suis fatigué pour rien ».
Maintenant, je m’assois deux minutes sur le divan… et je me réveille une heure plus tard, la bouche ouverte et une série Netflix qui joue sans moi.
Je croyais que le bonheur, c’était compliqué. Aujourd’hui, je donnerais cher pour une sieste sans culpabilité, un été sans école qui dure une éternité, ou une journée où mon plus gros souci, c’est que mon crayon de couleur vert est maintenant trop petit pour le tailler.
Ce qui me manque, ce n’est pas juste l’innocence. C’est la naïveté merveilleuse de croire que le monde était grand, que tout était possible, et que les adultes avaient tout compris.
Spoiler : non.
Personne comprend rien.
On fait juste semblant, avec des cernes, pis du Red Bull.
Mais parfois, juste parfois… je ferme les yeux, et je redeviens ce petit moi d’avant, celui qui croyait que la vie, c’était surtout des surprises et des rires.
Et c’est exactement ce que m’offre la lecture : ce billet secret pour repartir là-bas, retrouver cet émerveillement, et me rappeler que j’ai encore le droit d’être, un peu, l’enfant que j’étais.
Parce qu’un livre, c’est un portail discret, toujours ouvert, qui me permet de tricher un peu avec le temps.
Quand je tourne les pages, je retrouve cette vision d’avant, cette capacité à croire que tout est possible, à m’émerveiller pour un rien, à oublier les factures, l’anxiété et le bruit du monde adulte. Je redeviens ce petit moi qui pensait que les histoires étaient infinies, que les héros existaient vraiment, et que chaque journée pouvait cacher une aventure.
Pendant quelques chapitres, je ne suis plus celui qui court après les heures… je suis celui qui les perd volontairement, perdu dans un monde inventé.
Et quand je referme le livre, je reviens ici, dans ma vie d’adulte. Mais je reviens avec un souvenir chaud dans la poitrine, un sourire un peu complice… comme si j’avais réussi à retrouver l’enfant que j’étais, ne serait-ce que pour un instant ! 


